Un patient qui sort d'hospitalisation, une entorse qui traîne, un enfant à qui l'on prescrit dix séances : la demande de kinésithérapie ne manque pas à Tours. Ce qui manque parfois, c'est un créneau disponible rapidement, et la raison n'est pas toujours celle qu'on imagine.

Tours n'est pas un désert médical, mais la région l'est en partie

Contrairement à une idée reçue, Tours et son agglomération comptent parmi les zones les mieux dotées en kinésithérapeutes du département. Le problème est plus large : la région Centre-Val de Loire affiche une densité d'environ 90 kinésithérapeutes pour 100 000 habitants, contre 136 en moyenne nationale. Une partie du territoire régional est classée en zone très sous-dotée par l'Agence Régionale de Santé. Cette pénurie régionale a des effets indirects jusqu'à Tours : des patients des zones voisines se reportent vers l'agglomération, ce qui allonge les délais localement aussi.

Le zonage, un outil censé garantir une répartition équilibrée

Depuis l'arrêté du 24 septembre 2018, chaque bassin de vie est classé par l'Agence Régionale de Santé selon la densité de kinésithérapeutes qui y exercent : zone très sous-dotée, sous-dotée, intermédiaire, ou très dotée. L'objectif de ce zonage est d'inciter, via des aides à l'installation, une répartition des professionnels plus proche des besoins réels de la population, plutôt qu'une concentration dans les zones déjà bien pourvues. Le Conseil départemental de l'Ordre des Masseurs-Kinésithérapeutes d'Indre-et-Loire (CDOMK37), présidé par Pascal Rivière, suit ces questions de démographie professionnelle à l'échelle du département, aux côtés de la presse locale (La Nouvelle République) qui documente régulièrement ces disparités territoriales.

Ce zonage reste toutefois un outil imparfait : sa révision est lente (la qualification d'un bassin de vie ne peut être modifiée qu'en échange d'un autre, pour une durée de cinq ans), si bien qu'il ne reflète pas toujours en temps réel le nombre de praticiens réellement installés dans une commune donnée.

La visite à domicile est un cas particulier

Même là où l'offre en cabinet est correcte, trouver un professionnel qui se déplace à domicile est une autre affaire. Une visite prend plus de temps qu'une séance en cabinet, pour un remboursement qui ne compense pas toujours ce temps supplémentaire. Beaucoup de cabinets, saturés par leur patientèle habituelle, ne peuvent tout simplement plus dégager de créneaux pour des visites. Ce n'est pas une question de mauvaise volonté : c'est une question d'organisation et de viabilité économique de l'activité à domicile, qui reste minoritaire dans la profession.

Le vieillissement de la population ne va rien arranger

La part des plus de 60 ans continue d'augmenter, et avec elle les besoins de rééducation, de prévention des chutes et de maintien de l'autonomie. Sans que le nombre de professionnels formés suive au même rythme, l'écart entre la demande et l'offre disponible risque de se creuser encore, en particulier pour les prises en charge à domicile.

Ce qui peut vraiment vous aider à trouver un kiné

  • Utilisez plusieurs canaux à la fois : l'annuaire officiel santé.fr, Doctolib, et l'appel direct aux cabinets restent complémentaires. Les cabinets n'ont pas toujours le temps de tenir leurs agendas en ligne à jour.
  • Ayez votre prescription prête : elle accélère la prise de rendez-vous et évite les allers-retours. Depuis l'avenant 7 à la convention des kinésithérapeutes (2025), la mention explicite « à domicile » sur l'ordonnance n'est plus une obligation pour que le déplacement soit pris en charge : une prescription adaptée à votre situation suffit, mais il reste utile d'en parler avec votre médecin si votre état ne permet pas le déplacement en cabinet.
  • Précisez d'emblée si vous avez besoin d'une visite à domicile : cela réduit le nombre d'appels inutiles, puisque tous les cabinets ne proposent pas ce service.
  • Ne vous limitez pas au centre-ville : les communes proches de Tours ont parfois des délais plus courts.
  • Demandez à votre médecin traitant : il connaît souvent des professionnels avec des disponibilités, y compris pour des visites à domicile.
  • En cas d'urgence fonctionnelle (sortie d'hospitalisation, risque de chute), signalez-le clairement : certains professionnels priorisent ces situations.
Pas sûr·e d'avoir besoin d'une visite à domicile ?

Un petit questionnaire peut vous aider à y voir plus clair. Faire le test.

Une dernière chose

Ce texte ne cherche pas à vous convaincre de me choisir. Il vise à donner une explication honnête d'une difficulté réelle, et des pistes qui fonctionnent quel que soit le professionnel que vous finirez par consulter.